Doisneau « Paris-les Halles »

L’exposition Doisneau « Paris les Halles » rassemble une série de clichés sur cet éternel chantier parisien que sont les Halles. Cet espace a été au cœur d’enjeux posés par l’aménagement et l’approvisionnement de la capitale. Cet espace est longtemps occupé un marché couvert, et en 1848 démarre le fameux projet de Baltard et ses pavillons de fonte et de verre, construits entre 1852 et 1936. A peine achevé, on commence à penser, après la guerre, au transfert de ce marché, au centre de l’approvisionnement de la capitale, vers Rungis. Avec ce transfert, décidé en 1960 et réalisé en 1969, c’est l’ensemble du quartier qui va être transformé. La construction du Centre Pompidou commence en 1972, et la destruction des Halles de Baltard en 1971.
Les clichés de Doisneau offrent un regard sur ce marché disparu, où dans une atmosphère de fête foraine, les commerçants offrent leurs étals aux yeux des passants, des fleurs et des fruits aux pièces de gibiers. Le reste de l’exposition est consacré à la destruction du marché, où des photographies du « trou des Halles » montrent l’étonnement suscité par ces travaux colossaux, d’où émerge toujours l’église Saint-Eustache.
Quelques clichés recolorisés pour l’occasion rappellent à quel point cet espace a pu évoluer, en un temps finalement très court et créent une continuité avec le chantier actuel.
Le sujet de l’exposition, d’une actualité évidente, est développé sur quelques salles où les clichés sont présentés de façon parfois trop dense. On peut regretter aussi le temps d’attente (sous la pluie pour les malchanceux), qui pourrait justifier une réflexion sur la gestion des flux de visiteurs.
On attendra donc avec impatience la prochaine exposition de l’Hôtel de ville, et dans un avenir moins proche…la fin (provisoire) du chantier des Halles…

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Une découverte

Un après midi d’hiver. Le 3ème arrondissement. Une tasse de thé. Le décor est planté. La MV Gallery vous accueille et vous fait découvrir de jeunes artistes et leurs œuvres dans un cadre agréable et informel. C’est au détour de cette visite que vous pourrez ce mois ci découvrir les œuvres d’Adélaïde Fériot, dans une exposition qui mêle sculpture, peinture et collages photographiques.
A travers un jeu de collages de photos d’oiseaux prenant leur envol de la place Saint Marc à Venise, elle représente des touristes, dissimulés derrière cet envol et comme habillés par ces prothèses crées par les ailes des oiseaux. Les ajouts et les prothèses sont également un axe de sa réflexion. Une sculpture de plâtre évoque ainsi un col, protubérant, reflet de son omniprésence dans certains costumes. Sans vous dévoiler l’ensemble des œuvres présentées, le visiteur tire de cette exposition, le Souffleur, l’impression qu’un calme bouleversement se déroule sous ses yeux. A l’image des tableaux vivants créée par l’artiste, comme à l’occasion de la FIAC 2011, qui immobiles ou non, oscillent entre l’œuvre et la performance.
A voir, sur rendez vous du 12 février au 11 mars
MV Gallery
39, rue notre Dame de Nazareth
75003 Paris

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Exposition :Sempé, un peu de Paris et d’ailleurs

A l’Hôtel de Ville de Paris jusqu’au 11 février 2012
Cette exposition retrace l’œuvre du dessinateur Sempé en prenant pour point de départ ses vues de la capitale, des années 1960 à nos jours. Il s’agit plus en réalité d’une rétrospective de l’ensemble de son œuvre, de ses dessins de presse (pour des journaux français comme Sud-Ouest ou Ici Paris, mais aussi américain comme The New-Yorker) jusqu’à ses albums thématiques comme Les Musiciens en passant par Le Petit Nicolas… Le Paris de la seconde moitié du XXe siècle occupe néanmoins une place non négligeable au sein de l’exposition, à travers des dessins exposant un certain nombre de situations « typiquement parisiennes », notamment en ce qui concerne les bus, qui n’ont pas tellement changé… En résumé, une exposition qui offre un bon aperçu de l’œuvre de Sempé, mais ne s’attache pas plus à son côté parisien qu’aux autres aspects de son inspiration.

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Petite histoire des vitrines de noël

Tous les ans c’est la même chose : la foule se presse boulevard Haussmann, afin d’apercevoir, au dessus des têtes de ribambelles d’enfants ravis, les petits poupées animées mises en scène par deux célèbres enseignes de grands magasins. Les parents ne sont pas en reste, et apprécient sûrement tout autant ces petites scènes de théâtre qui sont devenues avec le temps incontournables de la période des fêtes de fin d’année.
Et cette tradition est ancienne. Durant la seconde moitié du XIXème siècle, période à laquelle sont créée la plupart des enseignes de grands magasins de notre époque, les vitrines sont progressivement intégrées dans la stratégie commerciale des grands magasins. Les clients se sont pas forcément au rendez vous, car il est considéré comme de mauvais goût de s’attarder et de regarder ce qui est exposé. Seuls les provinciaux débarqués de Paris sont pardonnés de cette curiosité mal placée !
Petit à petit, les enseignes vont remplacer le bric à brac exposé par de véritables mises en scènes, où sont exposés des mannequins revêtant les dernières tendances en matière de mode. Les premières vitrines animées vont être créée en 1909, sur le thème de l’expédition polaire, et vont être exposées au Bon Marché à l’occasion des fêtes de noël. Petit à petit, toutes les enseignes vont reprendre cette idée, et vont faire appel à des spécialistes des automates, comme Raymond Peynet. Certains étalagistes ont également se faire connaître, comme Jean Adnet, qui a travaillé pour les Galeries Lafayette dès les années 30.
La vitrine devient donc un espace où se joue la concurrence entre les enseignes, qui rivalisent d’originalité et d’innovation pour nous faire rêver chaque année.

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Exposition Goudemalion : une rétrospective spectaculaire sur l’œuvre de Jean-Paul Goude

Cette première rétrospective, très médiatisée, s’annonce comme un succès. Le musée des Arts Décoratifs, que le public a pu redécouvrir en 2006, accueille jusqu’au 18 mars un ensemble d’œuvres de Jean-Paul Goude, installations, dessins, photos. Le visiteur est invité à un parcours, centré sur le cortège du bicentenaire de la révolution de 1989, et organisé autour d’une scénographie qui revient sur les grandes étapes chronologiques de l’œuvre de Jean-Paul Goude, tout en mettant en évidence les grands thèmes qui l’ont jalonné.
La transformation du corps féminin occupe ainsi une grande place dans l’exposition. Les images de Grace Jones, juchée sur des chaussures immenses, ou transformées par des collages et montages qui la rendent méconnaissable côtoient les célèbres affiches publicitaires des Galeries Lafayette, auxquelles une salle entière est consacrée. Des installations, toujours centrées sur la transformation du corps féminin, guettent les visiteurs et génèrent surprise et curiosité. Ces figures, , dessins, mais aussi automates, voire personnes en chair et en os, annulent la frontière entre l’œuvre et le public. Les confusions entre masculin/féminin, humain/animal se multiplient, pour entraîner le visiteur dans une fête délirante et enthousiaste, dont on ressort à la fois satisfait, et frustré de devoir quitter cet univers joyeux et fantastique.
Plus d’infos sur le site : http://petitlien.fr/5qgq

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Le salon du Patrimoine 2011

Le salon du patrimoine s’est tenu au Carrousel du Louvre du 3 au 6 novembre 2011. Cette année, le thème choisi était le patrimoine dans la ville, décliné au fil des conférences programmées sur ces trois jours. Le G8 du patrimoine, conférence commune, a ainsi réuni différents représentants d’associations militantes sur la question du patrimoine bâti et notamment urbain, l’union REMPART, la Demeure Historique, la Ligue Urbaine et Rurale, la Fédération Patrimoine et Environnement, les Maisons Paysannes de France, les Vieilles Maisons Françaises.
Les interventions portaient sur la question du patrimoine urbain et sa protection, dans ses dimensions techniques et matérielles. La protection de ce patrimoine est en effet complexe d’un point de vue juridique, car elle est encadrée par un grand nombre de lois imbriquées les unes dans les autres. La protection du patrimoine bâti urbain est de même soumise à de nouvelles contraintes liées aux normes environnementales.
Le rapport entre patrimoine et environnement permet en effet de constater que le bâti ancien dispose de nombreuses qualités qui facilitent sa mise aux normes. Car c’est toujours les perspectives liées à l’adaptation de ce patrimoine aux exigences de la vie urbaine actuelle qui sont en jeu dans tout projet culturel. La restauration, la valorisation et l’intégration de ce patrimoine au cœur de la ville a donné lieu à des projets de grande qualité, comme le concours des entrées de ville lancée par la Ligue Urbaine et Rural, ou la transformation du centre historique de Troyes. La réussite de ces projets tient également à la collaboration entre les acteurs du patrimoine, et à l’action de citoyens engagés prêts à défendre leur patrimoine, et à le faire découvrir à autrui.
Les problématiques abordées au cours de ce débat riche et intéressant sont donc l’occasion de constater l’importance du patrimoine à notre échelle individuelle et la nécessité d’une action collective.

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Exposition Matisse, Cézanne, Picasso…l’aventure des Stein

Cette exposition présente des œuvres, mais aussi quelques esquisses et « brouillons » de peintres et sculpteurs de la fin du XIXe jusqu’au milieu des années trente, tels que Renoir, Matisse, Picasso… à travers la collection des Stein. Leo Stein, sa sœur Gertrude puis leur frère Michael (accompagné par son épouse Sarah), forment une riche fratrie originaire des Etats-Unis, dont le mécénat permit à ces divers artistes, célèbres aujourd’hui, de développer leur talent.
Les œuvres présentées ici ne sont d’ailleurs pas les plus connues (à quelques exceptions près, telles Le bonheur de vivre de Matisse), mais elles permettent de comprendre comment ces artistes aboutirent aux « chefs d’œuvres » que nous connaissons aujourd’hui ; l’évolution du travail et des recherches de Picasso m’est ici apparu comme la plus significative (mais peut-être est-ce aussi dû au fait que son œuvre a évolué d’une façon particulièrement radicale).
L’intérêt de cette exposition réside donc autant dans son aspect historique que dans son côté esthétique. La situation de ces riches collectionneurs établis dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés est particulièrement bien expliquée et présente ainsi une phase de l’histoire culturelle assez méconnue du jeune public (malgré son évocation récente dans le dernier film de Woody Allen, Minuit à Paris).
On notera enfin la présentation de la villa de Garches, où Michael et Sarah Stein s’installent dans les années 1920, œuvre de Le Corbusier, assez intéressante d’un point de vue architecturale et particulièrement représentative de son style et de son souci de bien-être des résidents.

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